Nous avons lu avec attention votre plateforme. Journaliste dans un journal d’opinion, nous avons connu la censure (54 fois saisi pendant la guerre d’Algérie). Nous avons aussi été victime de l’ostracisme  - et cela continue puisque nous sommes toujours tenu à l’écart des conférences de presse de la Région Réunion.

Nous sommes encore confronté aux problèmes financiers qui menacent beaucoup d’organes de presse.

Comme d’autres rédactions, nous avons vécu  des différends sur la ligne éditoriale que nous avons plus ou moins bien réglés, face à des rédactions plurielles et dans le contexte complexe d’un journal d’opinion.

Très tôt, notre parti s’est prononcé pour le pluralisme. Nous avons  mené des actions contre l’ORTF où, jusqu’à 1981, on ne nous donnait pas la parole. Nous avons aussi engagé nos militants à défendre un quotidien menacé de disparition dans le courant des années soixante-dix.  Nous avons été jusqu’à prendre une participation symbolique dans une chaîne de télévision privée qui nous paraissait capable d’équilibrer le paysage audiovisuel.

Dans ces conditions nous sommes très sensibles à la plateforme revendicative du SNJ – même si nous pouvons être au sein de notre propre organe de presse aux prises  à des contradictions évidentes qu’il importe de dépasser.

Toutes les mesures qui concourent au développement du  pluralisme de l’espace médiatique ; à l’indépendance des médias ; à l’intensification du débat citoyen ; à l’amélioration des conditions de vie et de travail des journalistes, des photographes et des employés administratifs…  nous paraissent nécessaires. Mieux, elles nous semblent indispensables  au développement de la citoyenneté, de la démocratie et de l’équilibre indispensable au développement harmonieux  d’une société intraculturelle comme celle de notre île.

Veuillez donc trouver là l’expression de notre soutien.

Elie Hoarau